Brambledale Bearded Collies

Lynne Sharpe nous a envoyé quelques photos de ses filles et nous autorise à les mettre en ligne sur notre site. Plus bas vous trouverez quelques éléments de présentation de Lynne ainsi qu'un article de sa main paru dans le magazine allemand "Beardie Revue".

C'est un vrai privilège que de pouvoir accéder à ces très belles images du paradis des Bearded
quelque part au Pays de Galles.

Qui est Lynne Sharpe.

Lynne Sharpe, de son nom de jeune fille Evans, est l'une des pionnières du Beardie. Son affixe, Brambledale, est célèbre dans le monde entier. Elle a grandi en Angleterre près de la maison des Bothkennar de Mme Willison, qu'elle connut très tôt et à qui elle doit son amour des Beardies. Elle est Docteur en Philosophie, comme l'était son époux , le regretté Bob Sharpe, Professeur Emérite de l'Université de Lampeter au Pays de Galles. Elle a publié un ouvrage intitulé "Creatures like us?'

http://www.imprint.co.uk/books/sharpe.html

dans lequel elle expose et discute le point de vue de nombreux philosophes sur la place de l'animal par rapport à l'homme.
C'est chez elle qu'est née en 1964 la dernière portée de Bothkennar (Britt x Biscuit), lorsque Mme Willison fut malade. Elle en garda une femelle Brambledale Briquette of Bothkennar, qu'elle maria avec le mâle qu'elle possédait déjà depuis 1962, Heathermead Handsome (Benjie of Bothkennar x Beehoney of Bothkennar). Ce chien est à la base de la lignée Brambledale.
Heathermead Handsome gagna des compétitions d'Obedience, mais fut également Champion de beauté.Pendant 20 ans, les Brambledale connurent de nombreux succès en exposition et donnèrent à la race de grands chiens, dont le plus influent fut sans nul doute CH Brambledale Balthazar (CH.Osmart Bonnie Blue Braid x Brambledale Heathermead Moonlight) né en 1969, père de nombreux champions de beauté,en Grande Bretagne, Brambledale Bathsheba, Swinford Sky Rocket at Macmont,Sunkap Abbi et Adam, Keebercoo Nadia, Blumberg Diotima Steel,Brambledale Billet Doux en Finlande, le champion américain Brambledale Blackfriar et la première championne des Etats Unis puis du Canada Brambledale Blue Bonnet.et neuf autres champions américains, Brambledale Belldorlyn,Belle Blue,Benedict, Beth, Black Diamond, Black Rod, Bard, et Blaise. Il figure dans de nombreux pedigrees des plus grands élevages dans le monde entier.
Le premier Beardie importé en France et inscrit au L.O.F. fut un Brambledale, Black Boy of Brambledale né en 1974 et Brambledale Benedictus né en 1975, fut le premier Champion de France.
Elle même fut (et est toujours) juge de beauté et à jugé les plus grandes expositions en Grande Bretagne et à l'étranger, dont Crufts, jusqu'en 2003.
Mais elle dit elle même que son plus grand intérêt fut toujours le caractère spécial de la race et qu'elle cessa d'exposer quand elle considéra qu'il s'était trop éloigné de ses origines.
C'est en 2001 qu'elle fit la premiere union avec un chien de travail.Brambledale Brighde, une fille de CH.Sammara Standing Ovation, fut mariée à Butler's Don. Et l'histoire des Brambledale continue...

Martine Gsell

Qu'est ce donc qu'un tempérament de Beardie ?
(Article paru dans le magazine allemand "Beardie Revue". Avec l'aimable autorisation de Lynne Sharpe, traduction Martine Gsell, texte original dans la version anglaise du site)

Questionnez n'importe quel fier propriétaire de beardie à propos du tempérament de son chien, et il répondra probablemenr tout de suite "Oh, il a un tempérament extraordinaire'. Mais son idée d'un tempérament "extraordinaire'n'est peut être pas la vôtre. Et puisque le tempérament du Beardie est sa plus importante caractéristique, il mérite qu'on examine de plus près ce qu'il est-ou devrait être.

Le Standard du Kennel Club décrit le Beardie comme "éveillé, vif, sûr de lui et actif'et comme un "chien de travail stable, intelligent, ne présentant aucun signe de crainte (dans le standard anglais, le mot employé est nervousness) ou d'agressivité'.

Toutes cela est très important chez le Beardie, mais la description pourrait tout aussi bien convenir à beaucoup de races de travail, du terrier au chien de chasse. Il ne parle pas des qualités particulières que doit posséder un Beardie pour faire son travail particulier. Le standard ne décrit pas non plus les caractéristiques qui rendent le beardie différent, non seulement du terrier et du chien de chasse, mais aussi des autres races bergères. Après tout, si le Beardie avait juste été un parent pauvre du Border Collie, beaucoup plus important en nombre, il n'aurait pas survécu comme il l'a fait, , en travailleur très apprécié dans les fermes des collines d'Angleterre, d'Ecosse et du Pays de Galles.

Ma famile avait un Border Collie quand j'étais enfant, et à 12 ans je m'inscrivis avec lui au Club Canin local. La plupart des membres étaient des compétiteurs confirmés en Obedience, et presque tous les chiens étaient des Border Collies et des Bergers Allemands. Avec l'aide des moniteurs, mon Collie et moi concourûmes bientôt et gagnâmes quelques compétitions pour débutants, mais, déjà, j'étais tombée amoureuse des Beardies Bothkennar de Mme Willison, qui s'entraînait dans le même club. Et ce que j'aimais chez les Beardies, c'était leur différence. Les Border Collies intoxiqués du travail, "robotiques' et les sérieux Bergers Allemands qui semblaient n'avoir aucun goût pour l'amusement gagnaient peut être des compétitions, mais je savais que le joyeux, affectueux Beardie était la race pour moi. J'aimais surtout la façon dont les Beardies observaient leurs maîtres si intensément, désireux de capter tout signal concernant ce qu'on leur demandait, mais adoraient aussi communiquer avec leurs autres admirateurs, - y compris moi. J'étais aussi enchantée , du sens de l'amusement avec lequel ils travaillaient-comme si tout cela était un peu une blague- mais une blague à laquelle ils étaient heureux de participer. J'observais les dresseurs de Collies et de Bergers Allemands crier leurs ordres tels des sergents commandant un exercice et leurs chiens obeir avec une précision militaire, mais je ne voulais pas crier des ordres à mon chien. Je voulais qu'il soit mon ami et partenaire, pas mon esclave.

En 1962, j'achetais un chiot Beardie à moi, et l'entrainais dans le même club. Nous concourûmes avec beaucoup de réussite contre les autres races, mais ce que nous aimions par dessus tout était de trouver de nouveaux jeux et de nouveaux tours pour nous-mêmes. L'incident qui m'amena à décider d'abandonner les compétitions d'obedience est une bonne illustration du caractère du Beardie. Nous participions à un test d'obedience par une très chaude journée de Juillet. Malgré la chaleur, Brett avait bien travaillé et il nous restait seulement le "stay' à faire. Tous les chiens devaient rester alignés sur le ring, en plein soleil, pendant que les conducteurs disparaissaient hors de leur vue. Je me sentais très coupable de demander à mon chien de rester couché sous le soleil brûlant. Gagner le concours semblait soudain un but très stupide ... . Lorsque nous retournâmes sur le ring, je fus comblée de joie en découvrant que Brett avait résolu le problème par lui-même. Il était encore couché sur le ring, mais il s'était déplacé de quelques mètres pour occuper la seule tâche d'ombre- sous la table du juge! Pas de notes du juge, mais les meilleures notes de ma part pour avoir utilisé la capacité du Beardie à comprendre ce qui est demandé, et à utiliser sa propre initiative pour le faire de la meilleure façon, en véritable partenaire.

Plus de quarante ans plus tard, je me remémorai cet incident lorsqu'Elan Jim (un Beardie de travail venant d'une ferme du centre du Pays de Galles) vint séjourner chez nous pour saillir ma chienne Nan. Le premier matin de Jim chez nous, j'allai m'occuper de mes chevaux, accompagnée comme toujours par les Beardies. Comme Jim était un nouveau-venu, je tenais à ne pas le perdre de vue, ainsi lorsque j'allai aux écuries, je l'attachai après une corde dans la cour. Après en avoir terminé dans les écuries, j'allai détacher Jim qui était toujours exactement assis où je l'avais laissé - mais seulement pour découvrir qu'il avait coupé la corde en deux avec ses dents. Jim avait compris que je voulais qu'il attende dans la cour, et il était content de le faire, -mais il ne voyait aucune utilité à la corde ! Bien sûr il resta en liberté après cela et bien qu'il n'eût jamais quitté sa maison avant cela, il fut un invité parfait.

Cette faculté de penser et agir comme un vrai partenaire est une des qualités que j'apprécie le plus dans ma famille de Beardies actuelle - toutes descendantes de Brett et cinq d'entre elles également filles de Jim.
C'est la même qualité qui rend le Beardie si appréciable pour le berger des collines, dont les moutons sont éparpillés sur de larges espaces de terres montagneuses, et souvent cachés dans les fougères et les ajoncs. Ce dont on a besoin ici, ce n'est pas du Border Collie qui gagne les concours de travail, dont chaque mouvement est contrôlé par un sifflement ou un appel, mais un chien qui comprend ce qui est nécessaire et peut prendre le contrôle de la situation lui même, recherchant les moutons cachés loin de la vue du berger et faisant face à tous les problèmes dès qu' ils se posent.

Permettez moi maintenant d'essayer d'analyser le caractère Beardie idéal. Bien sûr il doit avoir tous les traits énumérés dans le Standard du K. C. Il doit être "éveillé, vif, sûr de lui et actif', aussi bien qu'un "chien de travail stable, intelligent, ne présentant aucun signe de crainte ou d'agressivité'Mais en plus de tout cela, ce qui rend le caractère du Beardie spécial est la combinaison de deux éléments cruciaux. Premièrement, il a un grand désir d'être apprécié et accepté comme membre d'une association, d'une famille ou d'un groupe et il réussit cela en étant extrêmement sensible aux humeurs, aux actes et aux exigences de son entourage et faisant de son mieux pour s'y conformer. Mais son aptitude à être un bon compagnon ou partenaire de travail va plus loin qu'une simple volonté de se conformer, car le deuxième élément de son caractère est son extraordinaire faculté à penser par lui-même, à résoudre des problèmes, et à travailler de manière indépendante.

Il est essentiel que le Beardie possède ces deux caractéristiques. La sensibilité et un désir d'être apprécié sans intelligence et sûreté de soi résultent en un chien hyper-anxieux, trop dépendant de ses maîtres. L'intelligence et la sûreté de soi sans sensibilité et un désir d'approbation résultent en un chien forte-tête qui est difficile à entraîner ou même à contrôler. Il y a beaucoup de Beardies qui échouent dans l'une ou l'autre de ces catégories.
Puisque le tempérament idéal du Beardie est si complexe et dépend de la coexistence de tant de traits différents, sa préservation ne peut évidemment pas être laissée au hasard, mais doit être l'objet de sélection dans l'élevage. Pour moi c'est la considération de loin la plus importante dans mon programme d'élevage - avant la bonne santé, la longévité, une bonne construction et une fourrure correcte, ce qui permettra d'avoir l'assurance que mon compagnon idéal goûte une longue vie saine, heureuse et active.

Certains argumenteront que le comportement est plus influencé par l'éducation que par l'héritage génétique, mais ce n'est pas mon expérience. Quand, il y a quelques années, j'ai commencé à trouver quelques traits (de caractère) indésirables, comme nervosité et manque d'intelligence, apparaissant chez certains de mes chiots, je n'ai pu incriminer des facteurs environnementaux puisque je les élevais exactement de la même manière qu'auparavant. Le problème était que le traditionnel tempérament Beardie devenait rare parmi les beardies enregistrés au KC, élevés principalement pour l'exposition, et je ne pouvais plus trouver d'étalon ayant le caractère que je cherchais. La réponse fut de se tourner vers les Beardies de travail non enregistrés et pour mes trois dernières générations , je n'ai utilisé que des étalons issus de ces lignées. Le résultat est que j'ai solidement restauré mon tempérament idéal dans ma lignée Brambledale.
Le caractère spécial qui rend le Beardie si précieux au berger des collines le rend également idéal comme compagnon intelligent, actif, dévoué et comme membre de la famille. Mais il mérite un maître intelligent, actif, dévoué, qui apprécie son caractère spécial et lui permet de l'exprimer. Malheureusement ce n'est pas le cas de beaucoup de propriétaires modernes de Beardies, spécialement ceux impliqués dans le monde de l'exposition, dont les chiens semblent passer le plus clair de leur temps sur une table de toilettage ou dans une cage. Ce sont les personnes qui se sont si fortement opposées à ma suggestion que les Beardies d'exposition pourraient tirer bénéfice de l'introduction de sang de travail dans les lignées enregistrées au KC. Le Comité du Bearded Collie Club écrivit même au Kennel Club proclamant que "les Beardies de travail présentent de nombreux traits indésirables'y compris'des tempéraments qui n'en font pas de bons chiens de compagnie pour la famille'.

Cependant le développement du Beardie comme chien d'exposition populaire et comme compagnon, commençé par Mme Willison dans les années 40 et 50, résulta de son enthousiasme pour le caractère des chiens de ferme qui devinrent le noyau de son programme d'élevage. Elle écrivit à propos de son premier Beardie que ". .. Jeannie n'était pas simplement plus adorable qu'aucun chien que j'aie jamais connu, mais elle était d' une intelligence troublante'. Lorsque , étant enfant, j'eus le privilège de pouvoir connaître ces premiers Bothkennar, c'est ce caractère spécial qui conquit aussi mon coeur.
Ainsi si des Beardies de travail firent des compagnons merveilleux il y a 50 ans, pourquoi devraient ils être considérés aujourd'hui comme inadaptés à ce rôle? La réponse, je pense, est assez simple : Ce n'est pas le caractère du Beardie qui a changé, mais le style de vie de la famille moderne. Ayant grandi près de chez Mme Willison dans les années 40 et 50, mes frères et soeurs et moi étions typiques de notre temps. Nous passions le plus clair de notre temps libre à explorer les champs et les bois des environs, construisant des "camps', grimpant aux arbres et pêchant dans les rivières- toujours accompagnés par les chiens de la famille, bien sûr. Chose importante, ma mère était à la maison toute la journée, et heureuse d'avoir la compagnie des animaux lorsque nous étions à l'école.

Par contraste, la plupart des familles modernes semblent vivre à l'intérieur, occupés par des ordinateurs ou la télévision. Avec les deux parents qui travaillent et les enfants à lécole , le chien de compagnie est laissé seul toute la journée, souvent confiné dans une petite maison ou même une cage. Ce n'est une vie adaptée pour aucun chien : pour une race de travail active, intelligente et affectueuse, c'est une grave cruauté.
Si des chiens sont condamnés à vivre ainsi, peut-être est il préférable qu'ils soient sélectionnés pour avoir des esprits bornés et des corps paresseux. Leurs propriétaires pourraient nous assurer de leurs "merveilleux tempéraments'- mais que personne ne prétende qu'ils sont autre chose qu'un simulacre du vrai Beardie.

Lynne Sharpe Janvier 2008
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